Historique et realisations

Nutrition Santé Bangui a été créée en 1993 à l’initiative du Dr Jean DUPIRE, qui avait dès 1990 entamé des recherches au Foyer de Charité de Bangui sur la possibilité de soigner les enfants malnutris à l’aide de traitements homéopathiques. Ses travaux le conduisirent à la mise au point d’une méthode de récupération nutritionnelle de ces enfants associant spiruline et poisson.

Les efforts conjugués de Jean DUPIRE et de Marie-Claire THAREAU, présidente de l’association, avec le concours de divers techniciens, le soutien du bureau local de l’UNICEF et les financements de l’Union Européenne, ont alors permis la transformation du dispensaire du Foyer de Charité en centre nutritionnel et l’introduction de la culture locale de spiruline.

spiruline dans le bassin
spiruline dans le bassin

A partir de 1996, avec l’aide de Nutrition Santé Bangui, la culture de la spiruline a été développée sur le site de Ndress par la coopérative agro-piscicole COOPAP. Malgré les problèmes politiques et économiques constants du pays, rendant difficiles les approvisionnements de base pour cette culture, la coopérative continue actuellement de produire une spiruline de très bonne qualité. Parallèlement, des recherches sont menées pour tenter d’améliorer la qualité des poissons (tilapias) élevés dans les bassins de la coopérative, mais sans succès déterminant pour leur utilisation par Nutrition Santé Bangui.

Le centre nutritionnel
Le centre nutritionnel à Gbangouma

L’intérêt marqué pour la méthode spiruline-poisson permet à NSB d’amplifier son action par la construction en 2000 d’un centre nutritionnel à Gbangouma, dans le 7° arrondissement de Bangui, avec le soutien matériel de l’UNICEF, de l’ambassade du Japon et du gouvernement centrafricain. Dans les années suivantes, l’aménagement et l’équipement du centre sont améliorés et une équipe technique constituée autour d’un médecin centrafricain compétent et formé sur le plan nutritionnel.

A partir de 2004, des travaux scientifiques confirment la qualité et l’efficacité de la méthode spiruline-poisson. Trois thèses sont soutenues sur ce thème, notamment celle du Dr Eric Kouam en janvier 2005, comparant les régimes alimentaires spiruline-poisson et maïs-soja dans la prise en charge des enfants malnutris, au bénéfice incontestable de la méthode NSB.

Les mamans nourissent leurs enfants
Les mamans nourissent leurs enfants dans les locaux de centre

Le sérieux des travaux de Nutrition Santé Bangui, sous la conduite du Dr Jean Dupire, les succès rencontrés de façon régulière au centre nutritionnel de Gbangouma au profit chaque année d’environ 600 à 800 enfants de 0 à 5 ans, permirent d’envisager une amplification de l’action de NSB à Bangui. Ainsi, en 2006, est signé un protocole d’accord entre Nutrition Santé Bangui et le gouvernement centrafricain définissant le « projet d’appui aux activités de santé et de nutrition », prévoyant la construction dans l’enceinte du Centre National Hospitalier Universitaire de Bangui d’une Maison de la Nutrition et la mise à disposition dans la ville d’un terrain pour la construction d’un deuxième centre nutritionnel.

Ce projet, représentant pour son fonctionnement un budget de 600 000 $ pour 3 ans (2007 à 2009) était considéré comme un modèle de collaboration entre le gouvernement, l’UNICEF pour son appui technique et financier et Nutrition Santé Bangui pour sa participation à la recherche de financements, l’apport de son expérience technique et la formation du personnel local à la lutte contre les effets de la malnutrition avec la méthode NSB.

Malheureusement, pour des motifs ne relevant pas de Nutrition Santé Bangui et qui lui échappent, l’exécution de ce protocole n’a pu avoir lieu, malgré les engagements pris.

Un enfant qui mange sa portion de spiruline et poisson
Un enfant qui mange sa portion de spiruline et poisson

Nutrition Santé Bangui a pu vérifier encore récemment qu’à défaut de la réalisation de ce programme ambitieux, même évidemment insuffisant au regard des immenses besoins des enfants de Bangui, toujours victimes de malnutrition, aucun progrès significatif n’a été réalisé dans la lutte contre ses effets.

La conjugaison de cet évènement non programmé et des effets de la crise économique en France ont conduit NSB à interrompre son activité au centre de Gbangouma au 2° trimestre 2009, faute de financement suffisant. Jusqu’alors, la générosité de tous ses donateurs successifs, le soutien de ses adhérents et les activités de l’association en France pendant de nombreuses années, avaient permis à Nutrition Santé Bangui de mener ses actions, avec l’appui technique local de l’Unicef.