SYNTHESE SUR LES PROJETS EN COURS DE REALISATION ( MAJ 15/12/18)

CENTRE NUTRITIONNEL  DE  GBANGOUMA (BANGUI 7° )

Le centre nutritionnel de Gbangouma, ouvert au début des années 2000, a repris son activité en Janvier 2013, après une période d’interruption de trois ans, imposée par un manque de financement.

L’aide annuelle apportée depuis cette date par LA ROUTE DES VOYAGES a permis la reprise du projet initial de NSB : la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans du 7° arrondissement victimes des effets de la malnutrition. Malgré un contexte politique et sécuritaire très défavorable jusqu’au début 2016, le centre est resté constamment opérationnel depuis sa réouverture et continue de faire bénéficier gratuitement les enfants du protocole spiruline-poisson mis au point par le Docteur Jean DUPIRE.

Pendant les années 2000, NSB a pu développer avec succès son activité avec le soutien du Ministère de la Santé et l’appui technique de l’UNICEF, grâce au financement de donateurs français. Plusieurs thèses de doctorat de médecine ont montré l’efficacité du protocole de réhabilitation utilisé, ayant permis de traiter annuellement jusqu’à 800 enfants.

Le Docteur Albert ENDJIKONZAPA a pris la direction du centre depuis mai 2018, après de nombreuses années d’exercice à l’hôpital pédiatrique de Bangui sous la direction du Professeur GODY.

Le retour d’une situation sécuritaire plus stable permet de réorganiser l’action au niveau du 7° arrondissement dans son ensemble, plus particulièrement par la mise en place de moyens de :

-repérage des enfants nécessitant une prise en charge, tenant compte des actions éventuelles d’autres intervenants sur le secteur,

- de suivi des recommandations faites aux familles et leur sensibilisation sur la nutrition des enfants après leur prise en charge au centre.

Ces actions ont pour objectif, après la période de désorganisation générale connue par le pays depuis 2013, d’inscrire  l’activité de NSB dans un cadre pertinent, cohérent et efficace, en liaison avec le Ministère de la Santé et l’UNICEF, nos partenaires habituels, et de démontrer l’efficacité du travail réalisé.

Un travail approfondi a été mené en 2017 par NSB au niveau du 7° arrondissement, pour recueillir les données réelles sur la composition des familles, les cas de malnutrition avérée ou suspectée, la situation sanitaire de la population, de manière à élaborer un plan d’action à assise communautaire adapté répondant à cet objectif et impliquant les habitants du 7°.

Le projet de Maison de la Nutrition, abordé ci-après dans un chapitre  suivant, pourrait être expérimenté à l’échelle du  7° arrondissement au centre nutritionnel de Gbangouma,  dans le cadre de ce plan d’action.

Après validation du projet par son bureau local, avec lequel NSB collabore, l’UNICEF nous aide à rechercher le financement de ce projet  ainsi que les aménagements nécessaires du centre nutritionnel. Ce plan ambitieux nécessite un budget d’environ 75 000 € sur trois ans, incluant le fonctionnement actuel du centre nutritionnel, s’élevant actuellement à 30 000 €.

 La contribution actuelle de LA ROUTE DES VOYAGES est de  25 000€.

PRODUCTION  DE  SPIRULINE à NDRESS

La spiruline distribuée au centre nutritionnel est récoltée dans les bassins du site de Ndress, voisin de quelques kilomètres du centre, par la coopérative agro-piscicole COOPAAQ.  Malgré une situation économique et sécuritaire souvent instable et difficile, la coopérative produit la spiruline depuis la fin des années 90, essentiellement à destination du centre nutritionnel NSB, avec obstination et une compétence technique remarquable.

Actuellement la coopérative dispose de 300 m2 de bassins équipés et exploités et la production est régulière. Un accord a été signé entre NSB et la COOPAAQ aux termes duquel NSB s’est engagée à acheter toute la production à un prix déterminé, devant permettre à la coopérative de rémunérer les intervenants et salariés, acheter les intrants et assurer l’entretien du site.

Un plan de développement de la production de spiruline a été initié en 2015 dont l’objectif est de porter la production annuelle de l’ordre de 150 Kgs à environ 500 kgs. La spiruline excédentaire par rapport aux besoins du centre nutritionnel sera commercialisée soit localement soit en France de manière à générer un résultat financier positif, pouvant être estimé de 20 à 25 000 €, destiné à l’autofinancement du centre. Dès maintenant, la vente de spiruline excédentaire permet de combler une partie de l’insuffisance de financement du centre.

Dans le cadre de son programme de reconstitution des activités aquacoles en RCA, la FAO a manifesté son intérêt pour l’ensemble de l’action de NSB et s’est engagée à inclure de façon prioritaire  dans ce programme le financement partiel de travaux et équipements pour la production de spiruline à Ndress. Des travaux ont déjà été menés sur le site dès la fin 2015 et doivent se poursuivre autant que nécessaire, pour faire de Ndress une ferme pilote.

Mais les programmes de la FAO paraissent très ralentis par la situation sécuritaire hors de Bangui et les objectifs annoncés ne sont pas tenus.

En conséquence, NSB doit pallier l’absence actuelle  de contribution de la FAO sur le site de Ndress, afin d’accompagner la COOPAAQ dans son développement.

Pour ce faire, NSB doit mobiliser des compétences et des ressources financières, sous forme d’avances amortissables sur les quantités de spiruline produite, dans le cadre de l’accord en vigueur entre NSB et COOPAAQ.

L’absence d’énergie électrique sur le site est aujourd’hui un facteur limitatif important, dans la mesure où les opérations de séchage de la spiruline ne peuvent être réalisées sur place. L'installation de panneaux photovoltaïques  sur le site se révèle être une des seules solutions envisageables.

A titre expérimental, deux séchoirs solaires viennent d’être réalisés pour être installés sur le site, d’après le prototype mis au point par un doctorant de la faculté des sciences de Bangui. Si leur utilisation s’avère efficace, au moins pendant la saison sèche, d’autres pourront être construits pour assurer une partie du séchage de la spiruline récoltée. Les premiers essais donnent des résultats intéressants.

Ces équipements et le petit matériel nécessaire à la création d’un laboratoire pour la préparation des intrants, le séchage et le conditionnement de la spiruline, représentent un budget de l’ordre de 30 000 € selon les dernières estimations.

PISCICULTURE

L’activité actuelle de la COOPAAQ dans ce domaine ne permet pas d’obtenir des poissons de qualité suffisante pour l’application du protocole spiruline-poisson au centre nutritionnel.

La FAO, dans cadre de son programme, doit prochainement mener des actions pour améliorer la production de tilapias, le point principal de difficulté étant celui de l’alimentation des élevages.

A moyen terme, le remplacement des conserves de sardines par des tilapias de qualité nutritionnelle suffisante pour l’application du protocole spiruline-poisson, reste dans l’absolu un objectif à atteindre.

L’apport de NSB en matière de pisciculture ne peut être que limité à la mise en relation  de la COOPAAQ avec des intervenants spécialisés, en complément des actions de la FAO.

PROJETS NOUVEAUX

HOMEOPATHIE

Avant même la construction du centre nutritionnel, et notamment lors de ses travaux de recherche au Foyer de Charité de Bangui, le Docteur Jean Dupire avait préconisé et expérimenté avec succès l’utilisation de médicaments homéopathiques pour traiter les problèmes de santé associés à la malnutrition des enfants. L’efficacité de ce type de médicaments dans de nombreux cas n’est plus à démontrer aujourd’hui, même si des réticences sont encore exprimées par certains.

Ils sont employés de manière  constante au centre nutritionnel chaque fois que leur indication est possible, sous contrôle du médecin responsable du centre.

Leur quasi inexistence sur le marché local impose de les importer d’Europe, ce qui rend l’approvisionnement difficile.

 Le Docteur Jean DUPIRE considère qu’une véritable avancée dans le domaine de l’homéopathie, tant pour les besoins du centre nutritionnel que pour son développement local, serait d’installer un petit laboratoire de fabrication de préparations homéopathiques et parallèlement d’aider à la création d’un module « homéopathie » dans l’enseignement universitaire.

La collaboration  bénévole à ce projet d’un pharmacien français, lui-même à la tête d’un laboratoire, est déjà acquise. Selon sa propre expérience, les coûts d’équipement et de mise en place d’un laboratoire opérationnel, dans une première phase, peuvent être évalués à 35 000 €.

Une première mission conduite par le Docteur Jean DUPIRE a été menée à Bangui en novembre 2017, pour vérifier la faisabilité du projet sur le plan local  et nouer  les contacts utiles pour le mener à bien.

MAISON DE LA NUTRITION

Dès 2008, un projet de création à Bangui d’une MAISON DE LA NUTRITION avait été conçu par le Docteur Jean DUPIRE. Un accord avait été signé avec le Ministre de la Santé sur ce projet et un budget de fonctionnement alloué dans le cadre d’un protocole d’accord signé entre NSB, le gouvernement centrafricain et l’UNICEF. Pour des raisons inconnues de NSB, ce protocole n’a pas été honoré par l’UNICEF et le projet a dû être temporairement abandonné.

Les grandes difficultés connues par la Centrafrique dans les dernières années ont imposé des réponses d’urgence aux problèmes liés à la malnutrition.

La Ministre de la Santé considère aujourd’hui que le projet abandonné en 2008 reste totalement d’actualité et devrait être reconsidéré. Tant la FAO que l’UNICEF affirment  leur intérêt pour une telle réalisation.

La création d’une MAISON DE LA NUTRITION serait en effet le prolongement de l’action de NSB dans le 7° arrondissement et permettrait de sensibiliser et de former plus largement de nombreux intervenants centrafricains  sur les sujets liés à la nutrition.

La reconstitution du dossier et l’actualisation des données relatives à ce projet représentent un travail conséquent, dont le budget peut être estimé à environ 10 000 € dans un premier temps  qu’il conviendrait d’engager rapidement.

Jacques DELPECH                                                      Jean DUPIRE  

Président                                                                    Directeur des projets