Des nouvelles de Bangui

Découvrez les bassins de Spiruline à Ndress

La spiruline que nous utilisons dans notre programme de nutrition est produite localement par la COOPAAQ à Ndress (5 ème arrondissement de Bangui – Capitale de la République Centrafricaine).

CENTRE NUTRITIONNEL  DE  GBANGOUMA (BANGUI 7° )

Le centre nutritionnel de Gbangouma, ouvert au début des années
2000, a repris son activité en Janvier 2013, après une période d’interruption
de trois ans, imposée par un manque de financement.

L’aide
annuelle apportée depuis cette date par LA
ROUTE DES VOYAGES
a permis la reprise du projet initial de NSB : la
prise en charge des enfants de 0 à 5 ans du 7° arrondissement victimes des
effets de la malnutrition. Malgré un contexte politique et sécuritaire très
défavorable jusqu’au début 2016, le centre est resté constamment opérationnel
depuis sa réouverture et continue de faire bénéficier gratuitement les enfants
du protocole spiruline-poisson mis
au point par le Docteur Jean DUPIRE.

Pendant
les années 2000, NSB a pu développer avec succès son activité avec le soutien
du Ministère de la Santé et l’appui technique de l’UNICEF, grâce au financement
de donateurs français. Plusieurs thèses de doctorat de médecine ont montré
l’efficacité du protocole de réhabilitation utilisé, ayant permis de traiter
annuellement jusqu’à 800 enfants.

Le
Docteur Sylvie FOULOU a pris la direction du centre nutritionnel à compter du
1° janvier 2020.

Le
retour d’une situation sécuritaire plus stable permet de réorganiser l’action
au niveau du 7° arrondissement dans son ensemble, plus particulièrement par la
mise en place de moyens de :

-repérage
des enfants nécessitant une prise en charge, tenant compte des actions
éventuelles d’autres intervenants sur le secteur,

-
de suivi des recommandations faites aux familles et leur sensibilisation sur la
nutrition des enfants après leur prise en charge au centre.

Ces
actions ont pour objectif, après la période de désorganisation générale connue
par le pays depuis 2013, d’inscrire  l’activité de NSB dans un cadre pertinent,
cohérent et efficace, en liaison avec le Ministère
de la Santé et l’UNICEF
, nos partenaires habituels, et de démontrer
l’efficacité du travail réalisé.

Un
travail approfondi a été mené en 2017 par NSB au niveau du 7° arrondissement, pour
recueillir les données réelles sur la composition des familles, les cas de
malnutrition avérée ou suspectée, la situation sanitaire de la population, de
manière à élaborer un plan d’action à
assise communautaire
adapté répondant à cet objectif et impliquant les
habitants du 7°.

Le
projet de Maison de la Nutrition, abordé ci-après dans un chapitre  suivant, pourrait être expérimenté à
l’échelle du  7° arrondissement au centre
nutritionnel de Gbangouma,  dans le cadre
de ce plan d’action.

Après
validation du projet par son bureau local, avec lequel NSB collabore, l’UNICEF
nous aide à rechercher le financement de ce projet  ainsi que les aménagements nécessaires du
centre nutritionnel. Ce plan ambitieux nécessite un budget d’environ 75 000 € sur trois ans, incluant
le fonctionnement actuel du centre nutritionnel, s’élevant actuellement à 30 000 €.

 La contribution actuelle de LA ROUTE DES
VOYAGES est de  25 000€.

PRODUCTION 
DE  SPIRULINE à NDRESS

La spiruline distribuée au
centre nutritionnel est récoltée dans les bassins du site de Ndress, voisin de
quelques kilomètres du centre, par la coopérative agro-piscicole COOPAAQ.  Malgré une situation économique et
sécuritaire souvent instable et difficile, la coopérative produit la spiruline
depuis la fin des années 90, essentiellement à destination du centre
nutritionnel NSB, avec obstination et une compétence technique remarquable.

Actuellement la coopérative
dispose de 300 m2 de bassins équipés et exploités et la production est
régulière. Un accord a été signé entre NSB et la COOPAAQ aux termes duquel NSB
s’est engagée à acheter toute la production à un prix déterminé, devant
permettre à la coopérative de rémunérer les intervenants et salariés, acheter les
intrants et assurer l’entretien du site.

Un plan de développement de la production de spiruline a été initié en
2015 dont l’objectif est de porter la production annuelle de l’ordre de 150 Kgs
à environ 500 kgs. La spiruline excédentaire par rapport aux besoins du centre
nutritionnel sera commercialisée soit localement soit en France de manière à
générer un résultat financier positif, pouvant être estimé de 20 à 25 000
€, destiné à l’autofinancement du centre. Dès maintenant, la vente de spiruline
excédentaire permet de combler une partie de l’insuffisance de financement du
centre.

Dans le cadre de son
programme de reconstitution des activités aquacoles en RCA, la FAO a manifesté son intérêt pour
l’ensemble de l’action de NSB et s’est engagée à inclure de façon
prioritaire  dans ce programme le
financement partiel de travaux et équipements pour la production de spiruline à
Ndress. Des travaux ont déjà été menés sur le site dès la fin 2015 et doivent
se poursuivre autant que nécessaire, pour faire de Ndress une ferme pilote.

Mais les programmes de la FAO
paraissent très ralentis par la situation sécuritaire hors de Bangui et les
objectifs annoncés ne sont pas tenus.

En conséquence, NSB doit
pallier l’absence actuelle  de contribution
de la FAO sur le site de Ndress, afin d’accompagner la COOPAAQ dans son
développement.

Pour ce faire, NSB doit
mobiliser des compétences et des ressources financières, sous forme d’avances
amortissables sur les quantités de spiruline produite, dans le cadre de
l’accord en vigueur entre NSB et COOPAAQ.

L’absence d’énergie
électrique sur le site est aujourd’hui un facteur limitatif important, dans la
mesure où les opérations de séchage de la spiruline ne peuvent être réalisées
sur place. L'installation de panneaux
photovoltaïques
  sur le site se
révèle être une des seules solutions envisageables.

A titre expérimental, deux
séchoirs solaires viennent d’être réalisés pour être installés sur le site,
d’après le prototype mis au point par un doctorant de la faculté des sciences
de Bangui. Si leur utilisation s’avère efficace, au moins pendant la saison
sèche, d’autres pourront être construits pour assurer une partie du séchage de
la spiruline récoltée. Les premiers essais donnent des résultats intéressants.

Ces équipements et le petit
matériel nécessaire à la création d’un laboratoire pour la préparation des
intrants, le séchage et le conditionnement de la spiruline, représentent un
budget de l’ordre de 30 000 € selon
les dernières estimations.

PISCICULTURE

L’activité actuelle de la
COOPAAQ dans ce domaine ne permet pas d’obtenir des poissons de qualité
suffisante pour l’application du protocole spiruline-poisson au centre
nutritionnel.

La FAO, dans cadre de son
programme, doit prochainement mener des actions pour améliorer la production de
tilapias, le point principal de difficulté étant celui de l’alimentation des
élevages.

A moyen terme, le
remplacement des conserves de sardines par des tilapias de qualité
nutritionnelle suffisante pour l’application du protocole spiruline-poisson,
reste dans l’absolu un objectif à atteindre.

L’apport de NSB en matière de
pisciculture ne peut être que limité à la mise en relation  de la COOPAAQ avec des intervenants spécialisés,
en complément des actions de la FAO.

PROJETS NOUVEAUX

HOMEOPATHIE

Avant même la construction du
centre nutritionnel, et notamment lors de ses travaux de recherche au Foyer de
Charité de Bangui, le Docteur Jean Dupire avait préconisé et expérimenté avec
succès l’utilisation de médicaments homéopathiques pour traiter les problèmes
de santé associés à la malnutrition des enfants. L’efficacité de ce type de
médicaments dans de nombreux cas n’est plus à démontrer aujourd’hui, même si
des réticences sont encore exprimées par certains.

Ils sont employés de
manière  constante au centre nutritionnel
chaque fois que leur indication est possible, sous contrôle du médecin
responsable du centre.

Leur quasi inexistence sur le
marché local impose de les importer d’Europe, ce qui rend l’approvisionnement
difficile.

 Le Docteur Jean DUPIRE considère qu’une
véritable avancée dans le domaine de l’homéopathie, tant pour les besoins du
centre nutritionnel que pour son développement local, serait d’installer un
petit laboratoire de fabrication de préparations homéopathiques et
parallèlement d’aider à la création d’un module « homéopathie » dans
l’enseignement universitaire.

La collaboration  bénévole à ce projet d’un pharmacien français,
lui-même à la tête d’un laboratoire, est déjà acquise. Selon sa propre
expérience, les coûts d’équipement et de mise en place d’un laboratoire
opérationnel, dans une première phase, peuvent être évalués à 35 000 €.

Une première mission conduite
par le Docteur Jean DUPIRE a été menée à Bangui en novembre 2017, pour vérifier
la faisabilité du projet sur le plan local 
et nouer  les contacts utiles pour
le mener à bien.

MAISON DE LA NUTRITION

Dès 2008, un projet de
création à Bangui d’une MAISON DE LA
NUTRITION
avait été conçu par le Docteur Jean DUPIRE. Un accord avait été
signé avec le Ministre de la Santé sur ce projet et un budget de fonctionnement
alloué dans le cadre d’un protocole d’accord signé entre NSB, le gouvernement
centrafricain et l’UNICEF. Pour des raisons inconnues de NSB, ce protocole n’a
pas été honoré par l’UNICEF et le projet a dû être temporairement abandonné.

Les grandes difficultés
connues par la Centrafrique dans les dernières années ont imposé des réponses
d’urgence aux problèmes liés à la malnutrition.

La Ministre de la Santé
considère aujourd’hui que le projet abandonné en 2008 reste totalement
d’actualité et devrait être reconsidéré. Tant la FAO que l’UNICEF affirment leur
intérêt pour une telle réalisation.

La création d’une MAISON DE
LA NUTRITION serait en effet le prolongement de l’action de NSB dans le 7°
arrondissement et permettrait de sensibiliser et de former plus largement de
nombreux intervenants centrafricains  sur
les sujets liés à la nutrition.

La reconstitution du dossier
et l’actualisation des données relatives à ce projet représentent un travail
conséquent, dont le budget peut être estimé à environ 10 000 € dans un premier temps 
qu’il conviendrait d’engager rapidement.

NUTRITION SANTE CENTRAFRIQUE

Les réflexions engagées avec le
Ministère de la Santé au cours du 1° semestre 2019 sur la pertinence et la mise
en œuvre du plan d’action à assise communautaire relatif au 7° arrondissement ,
tel qu’abordé ci-dessus, ont conduit à la constitution d’une association de
droit centrafricain , dénommée NUTRITION SANTE CENTRAFRIQUE, dont l’objet est
de favoriser une prise de conscience par les décideurs locaux et les
organisations intervenant dans le domaine de la santé notamment sur
l’importance de la qualité de la nutrition pour éviter ou résoudre de nombreux
problèmes de santé.

Cette association doit
permettre la mobilisation de compétences locales dans tous les domaines dans la
mesure où les actions en faveur de la nutrition supposent en parallèle, la mise
en œuvre d’actions appropriées des services publics, notamment pour ce qui
concerne la qualité de l’eau.

NUTRITION SANTE CENTRAFRIQUE
pourrait, à terme, relayer les actions de NSB, particulièrement pour ce qui
concerne la Maison de la Nutrition dont la création est évoquée ci-dessus.

Il est à noter que déjà
l’association réunit des médecins, des fonctionnaires des services de santé,
des cadres de la Faculté des Sciences de Bangui, en plus de membres influents
de la société civile.

Une première manifestation a
été organisée le 16 novembre 2019 sous la forme d’une conférence sur la
Nutrition animée par le Docteur Jean DUPIRE, fondateur de NSB,  en présence du Docteur Pierre SOMSE, Ministre
de la Santé et de la Population.

Jacques DELPECH                                                      Jean DUPIRE
Président                                                                    Directeur des projets      

Jeudi 17 octobre 2014 : je me prépare à me rendre au centre nutritionnel et range mes affaires en attendant le chauffeur. Le téléphone sonne ; le docteur Félicienne Omabo m’appelle pour me prévenir de la présence d’anti-balaka autour du centre et me demande d’annuler ma venue. En effet, actuellement la population subit la domination de groupes armés de deux clans, anti-balaka et seleka (chrétiens et musulmans) ; le dialogue est avancé et tout le monde essaye de reconstruire le pays mais hélas il reste les extrémistes censés représenter les deux groupes, armés jusqu’aux dents, faisant régner la terreur dans certains quartiers de la ville. Les deux sites de NSB, le centre nutritionnel et la COOPAQ qui produit notre spiruline restent des quartiers chauds malgré les passages des militaires de la Minusca, des Nations Unies et de l’Union Européenne, parfois efficaces mais trop rares.

Le lendemain, le chef de sécurité de l’ambassade de France affirme que je peux me rendre au centre. Nous voilà partis à travers des pistes gorgées d’eau, difficiles d’accès car creusées par le passage des lourds engins militaires. L’arrivée reste pour moi un grand moment ; nos trois centrafricaines, Félicienne, notre médecin, Josette, l’infirmière et Mireille qui nourrit nos petits malnutris depuis 15 années (le centre nutritionnel du 7ème arrondissement date de 2001), sont à pied d’œuvre et tout fonctionne comme si le calme habitait le quartier. Trente mamans boivent les paroles du médecin lors de son cours d’éducation sanitaire ; Mireille prépare les assiettes de spiruline-poisson et Josette s’occupe des médicaments prescrits par Félicienne. Prévenus de mon arrivée, les deux gardiens viennent me saluer ; ils se relaient pour garder le bâtiment 24 heures sur 24 et je constate qu’ils ont été extrêmement efficaces jusque-là puisque tout est intact alors qu’autour l’état des maisons du quartier témoigne des violences subies par la population. Je suis ébahi par le courage de ces trois femmes qui viennent travailler tous les jours en bravant tous les dangers.

Le lendemain, nous allons à Ndrès pour faire le même constat. Le président de la COOPAQ, Jérôme Denis, que nous connaissons depuis 1995, nous accueille avec quelques membres de la coopérative. La production de spiruline n’a pas cessé ; durant un mois, les agriculteurs ont dû se replier avec leurs enfants dans la forêt pour éviter un massacre. Une femme me raconte qu’ils avaient emmené avec eux plusieurs kilos de spiruline qui les ont aidés à survivre.

Comme vous pouvez le constater  NSB  joue son rôle et étonne les instances en place (UNICEF, PAM, ambassade de France, entre autres). Grace à vos dons nous pouvons payer les salaires de nos employés, améliorer les contraintes logistiques et acheter les médicaments homéopathiques. L’UNICEF nous fournit gratuitement les médicaments essentiels de l’OMS.

Merci à vous tous ; Jacques Delpech et moi-même pouvons attester que votre soutien est capital pour ce travail de fourmi, qui ne demande qu’à s’étendre afin d’augmenter la guérison d’un plus grand nombre d’enfants malnutris.

Merci à vous !

 

Docteur Jean DUPIRE